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Piano Expert, c'est une belle histoire d'amour. Amour de la musique, fascination pour l'instrument comme tel : le piano.

Né en 1946, aux Iles-de-la-Madeleine, Québec, d'une mère pianiste, "Mme Yvonne", qui joue tout ce qu'elle entend et toute la littérature qui lui passe devant les yeux le piano fait partie intégrale de sa vie. Il y a aussi dans le même logis la grand-mère maternelle tout aussi talentueuse qui accompagne son mari, dévoué médecin de campagne, mais aussi un excellent violoniste. Et que dire de la "Tante Corinne" de l'Île-du-Prince-Édouard, qui improvise au piano pour accompagner les films muets de l'époque. Pour résumer, toute la famille : tous oncles, frères, soeurs, tous jouent et chantent!

Étant très connus aux Iles, les plus beaux rassemblements, tant pour les insulaires que pour les arrivants de l'extérieur, se font dans leur grande et accueillante maison autour du vieux piano. Daniel rit et s'endort, depuis sa naissance, dans une ambiance de musique très diversifiée : airs d'opéra, ragtimes, classiques populaires, chansons d'amour français et anglais. Tout y passe, mais non sans laisser ses traces!

À l'adolescence, le sachant doté d'une excellente oreille musicale, son cousin Alcide Painchaud (le futur leader du réputé groupe actuel "Suroît") lui apprend les rudiments de la guitare, non sans intérêt. Il lui manque un joueur dans son groupe "Les Originaux". C'est à l'intérieur de ce groupe que Daniel commence à poser des cordes et à les accorder, à prendre goût à faire de la musique. L'aventure se termine lorsqu'il réalise qu'il va devoir gagner sa pitance et qu'il quitte les îles pour aller étudier à l'extérieur. Comme il aime les automobiles et la mécanique, l'orienteur de la Polyvalente lui a suggéré l'École de mécanique de Rimouski, un métier stable quoi! Il termine son cours et trouve de l'emploi en Ontario. Un an plus tard, Suzette (aujourd'hui son épouse) vient foutre le désordre dans sa vie. Habitant à Québec, étudiante à l'École de Musique de l'Université Laval, elle le convainc de venir chercher du travail dans la région. Ce qu'il trouve est très dur et n'est pas très intéressant. À peine quelques mois après son arrivée, Suzette a besoin de faire accorder son piano. Avec tout le bagage musical, les oreilles bioniques, ainsi que l'habileté et l'amour qu'il a pour la fine mécanique, "accordeur et réparateur de pianos" serait pour Daniel un métier gratifiant, mais aussi une aventure fascinante! À l'époque, les bons accordeurs vieillissent et la relève s'avère nécessaire.

M. Léopold Fillion vient de décéder. Sa fille, confiante du talent de Daniel, lui fait accorder son piano et lui donne tous les outils de son père et d'autres pièces utiles au métier.

Un an plus tard, le petit Patrice fait son arrivée et déjà, "La valeur n'attend point le nombre des années". Le papa a une bonne clientèle et apporte un revenu assez stable. Suzette arrondit les coins en enseignant la flûte et le piano au village de Saint-Nicolas où ils habitent maintenant depuis 1973. En même temps, on commence à récupérer d'anciens pianos, on les répare et on les revend. La maison devient inappropriée, on loue donc une bâtisse comme atelier, mais ce n'est pas la solution. On veut être chez nous et à la campagne. On achète alors une terre, on abat des arbres, on y bâtit maison et atelier sous un même toit. Là, ça commence à ressembler à une véritable entreprise.

En 1977, il entre à l'Université Laval (Faculté de Musique) comme accordeur à temps partiel. Au début des années 80, il y a déjà quatre enfants très talentueux, à l'audition absolue, qui étudient, bien qu'en bas âge encore, au Conservatoire de musique de Québec. La direction sollicite ses services. Il accepte et depuis, tout comme à l'Université Laval, il y occupe toujours une tâche à temps partiel. À l'été 1982, le Grand Théâtre de Québec, où il travaille aussi depuis un certain temps, lui octroie une bourse pour un stage de perfectionnement à Banff, en Alberta. Il travaillera sous la direction du réputé maître, Led Semple au Banff Centre Of The Arts, pour lequel ce dernier est en service pour l'été. Question d'acquérir ses lettres de noblesse et de prendre ou de conserver plus facilement sa part de marché, la compétition s'avérant féroce, en 1990, Daniel se présente aux examens pour faire partie de la Guilde des Accordeurs de l'Amérique. Il sort de l'épreuve avec très grande distinction. Un examen presque parfait, quoi!

Par la suite, il prendra des stages de perfectionnement lors de Congrès d'accordeurs à Québec et surtout aux États-Unis. Avec un tel bagage, la bonne humeur et l'intégrité qu'on lui connaît, sa réputation et sa clientèle, au fil des ans, lui restent fidèles et ne font qu'augmenter.